Facteurs immunogénétiques et parasitaires impliqués dans la susceptibilité au paludisme dans deux groupes ethniques vivant en sympatrie au Mali
Résumé
Nous avons effectué d'août à décembre 2001 une étude de la susceptibilité au paludisme des Peulh et des Dogon, deux groupes ethniques vivant en sympatrie dans la région de Mopti (Mali). L'étude s'est déroulée dans quatre villages de l'arrondissement de Madougou cercle de Koro : Mantéourou (Dogon et Peulh), Naye (Dogon et Peulh), Binédama et Anakédié. Nous avons effectué deux passages transversaux ( septembre 2001 et novembre 2001) et un suivi longitudinal de 5 mois. Toute la population de la localité était concernée dans cette étude. Il ressort de ces travaux les observations suivantes : Le paludisme est méso-endémique dans la localité. L'IS était significativement plus élevé chez les Peulh (38,5%) que chez les Dogon (17,4%). P = 0.000… L'IP et la densité parasitaire étaient significativement plus faibles chez les Peulh (IP= 15,9%) que chez les Dogon (IP= 20,7%). P = 0,00005. Les taux des résistances parasitologiques et des échecs thérapeutiques étaient comparables cntre les Peulh et les Dogon. Le prurit à la chloroquine a été observé à un taux de 8,9 %, uniquement chez les Dogon. Nous n'avons pas observé de différence dans la répartition de mutants résistants au PfCRT entre les Peulh (36,4%) et les Dogon (34,2%). P= 0,3 La répartition des différents allèles de la MSP1 était comparable dans les deux groupes ethniques. Les moyennes géométriques des taux d'IgG et d'IgE anti-plasmodiales étaient significativement plus élevées chez les Peulh que chez les Dogon. Ces résultats nous permettent d'affirmer que les Peulh sont moins susceptibles au paludisme que les Dogon dans cette localité.

