Évaluation de la qualité et de la performance diagnostique de la microscopie du paludisme dans trois structures sanitaires de la rive droite du district de Bamako, Mali.
Résumé
Au Mali, la microscopie demeure la méthode de référence pour le diagnostic du paludisme,
mais la fiabilité des examens pratiqués dans les structures de soins courantes reste à évaluer.
Cette étude s'était donnée pour objectif général d'évaluer la qualité d'exécution et la
performance diagnostique de la goutte épaisse (GE) et du frottis mince (FM) au sein de trois
structures sanitaires (deux publiques et une privée) de la rive droite du district de Bamako.
Une étude transversale, descriptive et comparative a été menée de juin à décembre 2025. Après
l'évaluation des connaissances des professionnels de laboratoire via un questionnaire, la
performance technique a été mesurée sur un échantillon de 650 lames issues de l'activité de
routine. Chaque lame, lue initialement par le technicien en poste, a fait l'objet d'une double
lecture à l'aveugle par des experts certifiés du Laboratoire de recherche et de formation sur les
parasites et les microbes (PMRTC).
Les résultats révèlent des divergences techniques et diagnostiques majeures. Sur le plan de la
conformité aux directives de l'OMS, les laboratoires publics utilisaient systématiquement de
l'eau tamponnée (100 %), contrairement au laboratoire privé (0 %). Sur l'ensemble des 650
lames évaluées, le taux de discordance globale par rapport à la référence était de 12 %. Dans le
secteur public, la performance diagnostique s'est révélée homogène mais perfectible, avec une
sensibilité de 61 % à 62 % et une spécificité de 85,7 % à 94 % (Kappa de 0,48 à 0,55). À
l'inverse, le secteur privé a affiché une spécificité robuste (95,4 %) mais une sensibilité nulle (0 %) en raison du non-diagnostic du seul cas positif de son échantillon, associé à l'émission de
faux positifs (Kappa : -0,007).
En conclusion, cette étude révèle que la fiabilité du diagnostic microscopique à Bamako reste
précaire. Ces défaillances, liées à des écarts techniques pré-analytiques et à des disparités entre
les secteurs public et privé, compromettent l'usage rationnel des CTAs. La sécurisation
thérapeutique au Mali impose donc une harmonisation rigoureuse des procédures de l'OMS et
un renforcement impératif du contrôle qualité externe.

