Évaluation des effets indésirables des contraceptifs dans les Centres de Santé de Référence du district de Bamako
Abstract
Introduction
La contraception désigne l’ensemble des méthodes permettant de prévenir, de manière
réversible et temporaire, la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde ou, en cas de
fécondation, l’implantation de l’embryon dans l’uterus.
Un effet indésirable est une réaction nocive et non voulue survenant lors de l’utilisation d’un
médicament à posologie habituelle ou résultant d’un mésusage. Cette définition suppose
l’existence d’un lien de causalité (imputabilité) entre la prise du médicament et la survenue de
l’effet.
L’utilisation croissante des contraceptifs dans le monde entraîne une exposition de plus en
plus importante aux effets indésirables, qui ne sont pas anodins.
Objectif
L’objectif de ce travail est d’évaluer les effets indésirables associés à l’utilisation des
contraceptifs dans les CSRéf du district de Bamako.
Méthodologie
Nous avons mené une étude transversale descriptive sur une période de 12 mois, de
Novembre 2024 à Octobre 2025, dans les unités de planification familiale des maternités des
CSRéf du district de Bamako.
L’échantillonnage était non probabiliste de type exhaustif. Ont été inclus dans l’étude les
femmes âgées de 18 à 45 ans ayant utilisé au moins une méthode contraceptive ainsi que le
personnel médical impliqué dans la prise en charge des effets indésirables.
Les données ont été collectées à l’aide d’un questionnaire, saisies sous Word 2016, les
tableaux réalisés avec Excel 2016 et l’analyse effectuée avec le logiciel IBM SPSS 22.0 pour
la statistique descriptive.
Résultats
Au total, 208 personnes ont été enquêtées, dont 130 femmes utilisatrices et 78 personnels
médicaux.
Parmi les femmes, 90,8 % étaient mariées. L’absence de règles était l’effet indésirable le plus
cité (20,8 %), suivie des douleurs abdominales (13,8 %).
La majorité des femmes enquêtées a affirmé n’avoir utilisé aucun médicament pendant la
contraception (93,7 %). Les implants sous-cutanés (Jadelle) étaient les plus utilisés (40,0 %).
Du côté des prescripteurs, 74,0 % des contraceptifs étaient prescrits par les sage-femmes. Les
implants sous-cutanés (Jadelle) étaient les plus prescrits (38,5 %). Les règles abondantes et le
spotting étaient, à parts égales, les effets indésirables les plus évoqués (28,3 %).
L’AINS (ibuprofène) était le traitement le plus prescrit (42,5 %).
Conclusion
Cette étude montre une utilisation croissante des méthodes contraceptives à Bamako,
particulièrement dans les CSRéf, avec une prédominance de l’implant sous-cutané (Jadelle).
L’effet indésirable principal rapporté est l’absence de menstruation.
Le suivi systématique des utilisatrices et la prise en charge appropriée des effets indésirables
sont indispensables pour renforcer l’adhésion aux méthodes contraceptives

