Aspects epidemiocliniques, thérapeutiques et pronostics des péritonites post-opératoires en réanimation du CHU Gabriel toure.
Abstract
Les péritonites post-opératoires (PPO) constituent une complication intraabdominale
grave, souvent responsable de sepsis et d’admission en réanimation, avec une
mortalité élevée en contexte de ressources limitées. Cette étude vise principalement à identifier
les facteurs pronostiques associés à la morbi-mortalité des PPO prises en charge en réanimation
au CHU Gabriel Touré.
Méthodologie : Il s’agit d’une étude transversale analytique à collecte prospective, réalisée dans
le service de réanimation du CHU Gabriel Touré (Bamako). Le recrutement est exhaustif et
inclut tout patient opéré dont les suites se compliquent d’une PPO confirmée en per-opératoire
lors de la reprise chirurgicale. La période d’étude s’étend du 1er septembre 2024 au 30
septembre 2025 (13 mois). Les données cliniques, biologiques, microbiologiques et
thérapeutiques sont recueillies sur une fiche standardisée et analysées sous SPSS (tests du Khideux
ou de Fisher, seuil de significativité < 0,05).
Résultats: Profil épidémiologique : Les PPO représentent 4,9 % des admissions (29/594). L’âge
moyen est 34,2 ± 17,3 ans, avec une prédominance féminine (62,1 %). Les antécédents
médicaux sont le plus souvent absents (72,4 %) et le score ASA 3 est majoritaire (44,8
%).Caractéristiques cliniques et biologiques : La présentation associe principalement douleur
abdominale et contracture (93,1 % chacune) et défense (89,7 %). L’hyperleucocytose concerne
75,9 % et l’anémie < 8 g/dl 44,8 %.Prise en charge : La chirurgie initiale est surtout digestive
(68,0 %). La cause dominante de reprise est le lâchage (48,3 %). Les prélèvements de pus sont
positifs dans 44,8 %, dominés par E. coli. L’antibiothérapie probabiliste la plus utilisée associe
piperacilline-tazobactam et amikacine (41,4 %). La ventilation mécanique concerne tous les
patients (≤ 2 jours : 82,8 %) et un support hémodynamique est requis dans 75,9 %.Pronostic La mortalité atteint 41,4 %, attribuée au choc septique. Le support hémodynamique est le seul
facteur significativement associé au décès (p = 0,023).
Conclusion : Les PPO admises en réanimation au CHU Gabriel Touré touchent une population
jeune, souvent sévère à l’admission, avec une mortalité élevée dominée par le choc septique.
Le besoin de support hémodynamique apparaît comme un marqueur majeur de gravité,
soulignant l’intérêt d’un diagnostic précoce, d’un contrôle rapide de la source et d’une
optimisation du support d’organe pour réduire la mortalité.
