Accès aux médicaments antihypertenseurs dans les pharmacies privées de la rive gauche de Bamako, Mali : analyse de la liste de médicaments essentiels, de la disponibilité et l’accessibilité financière.
Abstract
Introduction : L’hypertension artérielle (HTA) constitue un problème majeur de santé
publique au Mali, avec une prévalence estimée entre 35-37%. Malgré la disponibilité physique
de certaines molécules dans la prise en charge, l’accès réel des patients reste limité par certains
facteurs dont le coût élevé du traitement particulièrement dans le secteur privé à la charge du
patient.
Méthodologie : Il s’agit d’une étude descriptive transversale menée entre Avril 2024 à
Décembre 2025 auprès de 43 pharmacies privées de la rive gauche de Bamako au Mali. Les
données ont été collectées à l’aide d’un formulaire adapté de l’OMS/Health Action
International, incluant la vérification physique de la disponibilité et l’enregistrement des prix
moyens de vente. L’accessibilité financière a été évaluée en comparant le coût mensuel du
traitement au Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) journalier (1818 FCFA).
Résultats : Parmi les médicaments antihypertenseurs de la LNME, seule la Méthyldopa 250
mg était disponible dans 97,70% des pharmacies enquêtées. Concernant la disponibilité
générale par classe thérapeutique en monothérapie, l’Amlodipine, l’Aténolol, le Bisoprolol et le Méthyldopa étaient présents dans 100% des pharmacies. L’analyse des coûts a révélé que
l’Amlodipine était la molécule la molécule la plus abordable (865 FCFA), tandis que le
Candesartan était la plus coûteuse (19200 FCFA). L’indice d’accessibilité financière
(coût/revenu journalier au SMIG) montrait que seules quelques molécules (Amlodipine,
Nifédipine, Propranolol) de la monothérapie étaient accessibles financièrement (Indice < 1).
Aucune combinaison thérapeutique (Bi ou Trithérapie) n’était accessible financièrement.
Conclusion : Cette étude révèle une disponibilité limitée des médicaments essentiels et une
accessibilité financière problématique, particulièrement les associations thérapeutiques. Ces
facteurs risquent de compromettre l’observance thérapeutique et occuper le risque de
complications cardiovasculaires au Mali.

