Evaluation temporelle des espèces de cercaires et des mollusques hôtes intermédiaires, impliquées dans la transmission de la schistosomose urogénitale à Bamako, Mali.
Résumé
Introduction : La schistosomose urogénitale demeure un problème majeur de santé publique
en Afrique subsaharienne et tend à s’installer en milieu urbain, où certaines conditions
écologiques favorisent sa transmission. Cette étude visait à analyser les facteurs écologiques et
génétiques associés à la transmission de Schistosoma haematobium à Bamako, au Mali.
Méthodes : Des enquêtes malacologiques ont été conduites de juillet 2024 à juin 2025 sur deux
sites Taliko et Missabougou. L’abondance des mollusques, leur taux d’infestation, les
paramètres physico-chimiques de l’eau et le génotypage des cercaires excrétées ont été évalués.
Résultats : À Taliko, Bulinus truncatus présentait des densités élevées et des taux d’infestation
pouvant atteindre 45 %, avec un pic en saison chaude, tandis qu’à Missabougou les niveaux
étaient très faibles. L’excrétion des cercaires suivait un rythme diurne, avec un maximum entre
10h et 12h. Toutes les cercaires analysées correspondaient à des souches pures de S.
haematobium, sans variation génétique liée à l’heure d’excrétion. Les fortes infestations
coïncidaient avec des températures élevées, une conductivité ≥99 µS/cm et un pH >6.
Conclusion : Ces résultats montrent que la transmission en milieu urbain de la schistosomose
urogénitale est étroitement liée à la saisonnalité et aux conditions écologiques locales,
soulignant la nécessité d’interventions ciblées dans les zones et périodes à haut risque.

