Etude épidémiologique et pronostic immédiat de la césarienne dans le service de gynécologie obstétrique au Centre de Santé de Référence de Koulikoro
Abstract
Introduction : La césarienne est une intervention majeure de la chirurgie péripartum permettant de
prévenir la morbi-mortalité maternelle et périnatale lorsque l’accouchement par voie basse présente un
risque. Toutefois, sa sécurité dépend étroitement de la qualité de la surveillance et de l’évaluation
préopératoire. Le but de cette étude était d’évaluer la sécurité et la surveillance préopératoire de la
césarienne ainsi que le pronostic immédiat maternel et fœtal au Centre de Santé de Référence de
Koulikoro.
Méthodes : Il s’agissait d’une étude transversale descriptive et analytique menée de juin à novembre
2025. L’étude a porté sur 200 patientes ayant accouché par césarienne dans le service de gynécologie
obstétrique du Centre de Santé de Référence de Koulikoro. Ont été incluses toutes les femmes ayant
bénéficié d’une césarienne durant la période d’étude. Les données ont été collectées à partir des dossiers
obstétricaux, anesthésiques et opératoires, puis analysées à l’aide du logiciel SPSS. L’anonymat et la
confidentialité des données ont été respectés.
Résultats : La majorité des patientes était âgée de 30 ans ou moins, avec une proportion importante de
multipares. Les indications de la césarienne étaient dominées par l’utérus cicatriciel, les dystocies
mécaniques, la souffrance fœtale et les urgences obstétricales hémorragiques. Toutes les patientes
présentaient un bon état général et un score de Glasgow normal en préopératoire. La majorité des
césariennes était réalisée en situation d’urgence, avec une prédominance des patientes classées ASA U.
L’anesthésie loco-régionale était la technique la plus utilisée. Les complications peropératoires étaient
rares (1,5%) et dominées par des complications graves isolées. Aucun décès maternel n’a été enregistré.
Le pronostic fœtal à 24 heures était marqué par un taux de mort-nés de 9%. L’analyse des facteurs
associés n’a pas montré de relation statistiquement significative entre les complications peropératoires
et l’âge, la classification ASA, la parité regroupée ou les diagnostics préopératoires.
Conclusion : La césarienne réalisée au Centre de Santé de Référence de Koulikoro présentait une bonne
sécurité maternelle immédiate, avec une surveillance préopératoire globalement satisfaisante et une
faible fréquence de complications peropératoires. Toutefois, le pronostic fœtal restait influencé par la
gravité des indications obstétricales et le caractère urgent des interventions. Le renforcement de la
surveillance préopératoire, de la prise en charge anesthésique et du suivi néonatal demeure essentiel
pour améliorer davantage les résultats périnatals.

