Sécurité et surveillance préopératoires et pronostic immédiat de la césarienne au centre de refrence de la commune IV de Bamako
Résumé
Introduction
La césarienne est l’une des interventions obstétricales les plus pratiquées dans le monde. Sa
fréquence mondiale est passée de 7 % en 1990 à 21 % en 2021, avec une projection de 29 % en
2030. Au Mali, malgré la gratuité instaurée en 2006, la mortalité maternelle post césarienne
demeure élevée. Ce mémoire évalue la sécurité préopératoire et son impact sur le pronostic
immédiat au CSRéf de la Commune IV de Bamako.
Méthodologie
Une étude descriptive et analytique a été menée au CSRéf IV. Les données des patientes
césarisées ont été collectées via une fiche d’enquête, incluant caractéristiques
sociodémographiques, pratiques préopératoires, techniques anesthésiques et chirurgicales, ainsi
que complications per- et postopératoires.
Résultats
La fréquence totale des césariennes était de 23,1 %, dont 61 % en urgence. Les complications
immédiates concernaient principalement les infections (9,8 %) et les hémorragies (7,2 %). Les
facteurs de risque les plus fréquents étaient l’anémie, l’hypertension et les antécédents
chirurgicaux. La mortalité maternelle immédiate restait préoccupante, et la mortalité néonatale
atteignait 14 % dans certains contextes.
Discussion
La fréquence élevée des césariennes en urgence, souvent sans préparation préopératoire
adéquate, explique la survenue des complications immédiates. Les infections et hémorragies,
représentant près de 17 % des cas, traduisent l’impact direct d’une surveillance insuffisante.
Les techniques modernes (Pfannenstiel, Stark, Joel Cohen) réduisent la durée opératoire et les
risques, mais leur efficacité dépend de la rigueur organisationnelle et de la formation du
personnel.
Conclusion
La fréquence des césariennes (23,1 %, dont 61 % en urgence) et des complications (infections
9,8 %, hémorragies 7,2 %) confirme que la sécurité préopératoire est un déterminant majeur du
pronostic maternel et néonatal. La systématisation de la consultation préanesthésique et le
renforcement des compétences du personnel sont indispensables pour réduire la fréquence des
complications et améliorer la survie après césarienne au Mali.

