Etudes des vices de réfractions au CHU-IOTA
Résumé
Contexte :
Les amétropies constituent l’une des principales causes de baisse réversible de l’acuité visuelle
et représentent un véritable problème de santé publique, particulièrement dans les pays à
ressources limitées. Au Mali, peu de données récentes décrivent leur fréquence et leurs
caractéristiques en milieu hospitalier spécialisé.
Objectif :
Déterminer la fréquence des amétropies et décrire leurs caractéristiques sociodémographiques,
cliniques et thérapeutiques dans les consultations du CHU-IOTA.
Méthodes :
Nous avons réalisé une étude prospective descriptive de janvier à décembre 2024 au CHU
IOTA. L’étude a inclus tous les patients consultants et présentant une amétropie diagnostiquée.
Les données sociodémographiques, cliniques, paracliniques et thérapeutiques ont été recueillies
à partir des dossiers médicaux et analysées avec SPSS 25.
Résultats :
Au total, 54 910 consultations ont été enregistrées, dont 5 631 cas d’amétropies, soit une
fréquence de 10,25 %. L’âge moyen des patients était de 35,93 ± 21,81 ans (extrêmes : 1–83
ans), avec une prédominance féminine (sex-ratio = 1,33 en faveur des femmes). L’astigmatisme
était l’amétropie la plus fréquente (≈ 60 %), suivi de la presbytie (≈ 36 %). La majorité des
amétropies étaient de faible puissance. Le port de correction était faible avant la consultation
(19 %). Après réfraction, environ 60 % des patients obtenaient une acuité visuelle comprise
entre 7/10 et 10/10. La correction optique représentait le traitement le plus prescrit (87,1 %).
Conclusion :
Les amétropies sont fréquentes en consultation ophtalmologique au CHU-IOTA, avec une
prédominance marquée de l’astigmatisme. La majorité des patients obtiennent une amélioration
significative de l’acuité visuelle après correction, soulignant l’importance du dépistage précoce
et de l’accessibilité aux soins optiques. Une stratégie renforcée de dépistage en milieu scolaire
et communautaire est nécessaire pour réduire le fardeau des troubles réfractifs.

