Aspects épidémiologiques, étiologiques, cliniques, para cliniques, thérapeutiques et évolutifs des suppurations intracrâniennes dans l’unité de neurochirurgie de CHU Pr BSS de Kati.
Résumé
Introduction : Les suppurations intracrâniennes (SIC) sont des collections
purulentes néoformées comprenant les abcès cérébraux, les empyèmes sous
duraux et les empyèmes extraduraux. Il s’agit d’affections graves et
potentiellement mortelles en l’absence de traitement adéquat. Le diagnostic
repose sur l’imagerie, leurs prises en charges nécessitent une collaboration multi
disciplinaire. L’objectif de ce travail était d’étudier les aspects cliniques,
radiologique et thérapeutiques.
Matériels et méthodes : Nous avons mené une étude rétrospective et descriptive
dans l’unité de neurochirurgie de CHU Pr BSS de Kati sur une période de 33mois,
allant du 1er Mai 2022 au 1er Février 2024.
Résultats : Nous avons colligé 36 cas de SIC sur 1342 cas de pathologies
cérébrales soit une fréquence de 2,68%. La tranche d’âge de 10-19 ans était la
plus représentée (33,33%). L’âge moyen des patients était de 30,8 ans avec des
âges extrêmes allant de 2 à 65 ans. Le sexe masculin était dominant, un sex-ratio
de 2. Les céphalées étaient le motif de consultation le plus fréquent (69,4%). La
triade de Bergman complète était retrouvée chez 30,5% des patients. Les facteurs
étiopathogéniques ORL ont été retrouvées au scanner dans 27,7 % des cas. La
triple antibiothérapie (Métronidazole, ceftriaxone et gentamicine) a été la plus
utilisée (97,3%). L’antiépileptique a été utilisé chez 33,3% des patients. Les
techniques chirurgicales utilisées étaient la trépano-ponction dans 27,8% des cas
et l’évacuation par volet dans 72,2% des cas. L’évolution a été favorable chez
58,33% de nos patients. Une récidive et un décès ont été observés dans 5,6% de
cas respectivement.
Conclusion : les SIC sont graves et peu fréquentes, elles sont fréquemment
associées à des infections ORL et touchent les plus jeunes. La clinique n’est pas
spécifique, la TDM permet un bilan lésionnel et étiologique. Le traitement
précoce favorise le bon pronostic.

