Cyberbiosécurité : État des Lieux et Perspectives dans les Centres de Recherche Biomédicale du Point G en 2025, Mali
Abstract
Contexte : La cyberbiosécurité, située à l’intersection de la biosécurité et de la cybersécurité,
vise à protéger les données biologiques sensibles contre les menaces numériques. Aucune étude
n’a été menée sur la cyberbiosécurité au Mali malgré son importance croissante. Nous avons
entrepris d’évaluer la cyberbiosécurité dans les centres de recherche biomédicale de points G
en 2025.
Méthodologie : nous avons mené une étude descriptive et transversale entre septembre et
octobre 2025 dans six centres de recherche biomédicale. Deux aspects ont été étudiés : (a)
l’infrastructure des bases de données (niveau de sécurité des serveurs, accès restreint,
authentification à deux facteurs, sauvegardes et l’existence de plan de récupération des
données) ; et (b) les connaissances et les pratiques des chercheurs, techniciens et collègues. Les
données ont été collectées à l’aide de KoboToolbox et analysées avec Python (tests du χ² et de
Fisher).
Résultats : L’étude a porté sur sept bases de données et 99 participants. Toutes les bases de
données disposaient d'un environnement sécurisé, mais 14,3 % d'entre elles ne disposaient pas
d'authentification à deux facteurs (2FA) et 28,6 % n'effectuaient pas de mises à jour régulières.
Concernant le personnel, 81,8 % avaient entendu parler de cybersécurité, mais seulement 14,1
% de cyberbiosécurité ; 53,5 % avaient reçu une formation en biosécurité, 29,3 % en
cybersécurité et 1 % en cyberbiosécurité. Parmi les répondants 53,5 % utilisaient un mot de
passe fort, 42,4 % réutilisaient le même mot de passe et 13,1 % ne verrouillaient jamais leur
ordinateur. L’utilisation systématique d’un mot de passe fort était associée à la formation en
biosécurité (test de Fisher, p = 0,002. De même, la connaissance des bonnes pratiques de
sécurité des données était liée à l’utilisation d’un mot de passe fort (p = 0,003).
Conclusion : L’étude révèle des lacunes en cyberbiosécurité, malgré une infrastructure de
données sécurisée, la formation du personnel reste faible et il existe plusieurs pratiques à risque,
comme la réutilisation des mots de passe. Il est essentiel de mettre en oeuvre des programmes
de formation et de sensibilisation à la cyberbiosécurité afin de combler le fossé entre la sécurité
physique des échantillons et la sécurité numérique des données biomédicales.
