Usage des médicaments dialysables chez les patients hémodialysés chroniques au service de Néphrologie du CHU Point-G
Résumé
Introduction : La question de l'insuffisance rénale chronique terminale (IRCT)
est devenue un défi majeur en matière de santé publique dans de nombreux pays,
y compris au Mali. Bien que l'hémodialyse soit utilisée pour atténuer partiellement
les effets de l'insuffisance rénale, l'utilisation de traitements complémentaires est
indispensable, en particulier pour traiter les pathologies fréquemment observées
chez cette population. Cette polymédication accroît les risques associés aux
thérapies, notamment le risque de non-adhérence et le développement de
problèmes liés aux médicaments, en particulier la dialysance.
Méthodologie : Il s’agit d’une étude transversale descriptive et analytique d’une
population de 183 patients hémodialysés chroniques. Nous avons analysé chez
ces patients les paramètres démographiques, clinico-biologiques et dialytiques, et
plus des données thérapeutiques. L'analyse statistique a été réalisée par le logiciel
SPSS.
Résultats : Une fréquence élevée des patients dans la tranche d’âge de 31 à 60
atteints de l’IRC a été observée avec 75,41%. Les comorbidités étaient dominées
par l’hypertension artérielle avec 95,1% et seulement 4,9% pour les diabétiques.
On a identifié 79 médicaments dialysables dans notre etude dont 11 sont adaptés
à la séance de dialyse. Les antihypertenseurs étaient la classe de médicaments la
plus prescrite suivie des inhibiteurs de pompe a proton avec respectivement 96,9%
(n=177/183) et 71% (n=130/183).
Conclusion : La prise en charge médicamenteuse du patient hémodialysé
chronique repose sur un équilibre fragile entre l'efficacité thérapeutique et la
prévention de la toxicité. La dialysabilité d'un principe actif (déterminée par son
poids moléculaire et sa faible liaison protéique) impose une adaptation
systématique des horaires d'administration, en privilégiant une prise postséance
pour éviter une épuration prématurée du médicament
