Prévalence de l’infection palustre et de l’anémie chez les enfants ayant reçu la vaccination saisonnière avec RTS, S/AS01E et ou la chimioprévention du paludisme saisonnier à Bougouni, Mali
Résumé
Introduction : Le paludisme demeure un problème majeur de santé publique dans le monde,
particulièrement en Afrique subsaharienne, où il représente une cause significative de morbidité
et de mortalité chez les enfants. L'anémie, souvent associée au paludisme, demeure également
un problème majeur, affectant la croissance et le développement des enfants. L’objectif de ce
présent travail était d’évaluer la prévalence de l’infection palustre et de l’anémie en fin de saison
de transmission chez les enfants de l’étude RTS,S/AS01E en 2024 dans le district sanitaire de
Bougouni, Mali.
Méthodes : Pour se faire, nous avons mené une étude transversale descriptive à un seul passage
annuel qui s’est déroulée du 04 au 12 décembre 2024 dans le district sanitaire de Bougouni. Les
enfants âgés de 5 à 17 mois à l’inclusion au moment de la première vaccination ont été repartis
aléatoirement (1:1:1) en trois groupes à savoir RTS,S/AS01E seul, CPS seule, et le groupe
RTS,S/AS01E plus la CPS (RTS,S/AS01E +CPS). Au total 1424 enfants ont participé à
l’enquête de fin de saison de 2024 à Bougouni, qui n’étaient plus éligibles pour recevoir la CPS
ou la vaccination saisonnière avec le RTS,S/AS01E.
Résultats : Sur 1424 participants, La répartition par sexe était très similaire dans les trois
groupes d’intervention avec un sexe ratio de 1,11 en faveur du sexe masculin. La différence
n’était pas statistiquement significative (p=0,8). La prévalence de l’infection palustre était de
1,54%. Cette prévalence était non significativement plus élevée dans le groupe de CPS seule
(P= 0,426). 13,48% des participants étaient anémiés et significativement plus élevée chez les
enfants infectés quel que soit le groupe d’intervention démontrant ainsi l’effet hémolysant de
l’infection palustre dans la survenue de l’anémie P < 0,001 (P= 0,000). La prévalence de
l’anémie était supérieure dans le groupe de CPS seule 16% contre 13,46% et 11,02%,
respectivement dans le groupe RTS,S/AS01E seul et le groupe combiné. Cette différence était
statistiquement significative P < 0,001 (P= 0,000).
Conclusion : La prévalence de l’infection palustre dans notre population d’étude en 2024 était
faible, montrant ainsi un impact positif de l’essai vaccinal RTS,S/AS01E +CPS à Bougouni.
Lorsque l’on a recours à une combinaison aux autres stratégies de lutte, le vaccin antipaludique
peut démontrer un fort impact en terme de santé publique.
