Diabète gestationnel, dépistage et prise en charge au centre de santé de référence de la commune V district de Bamako. De novembre 2024 à Août 2025
Abstract
INTRODUCTION :
Le diabète gestationnel est défini par l’organisation mondial de la santé (OMS) comme étant un trouble de la tolérance glucidique, de sévérité variable, diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse, quelle qu'en soit l'étiologie, l'ancienneté et l'évolution après la grossesse. Le diabète gestationnel représente un problème de santé publique dans le monde, du fait de sa fréquence qui a considérablement augmenté et de son retentissement maternel et foetal. Peu d’études ont été réalisées sur le diabète gestationnel au centre de santé de référence de la commune V, ce qui motive notre étude.
METHODOLOGIE :
Nous avons réalisé une étude descriptive et analytique à recueil prospectif sur une période de 10 mois allant du 1er Novembre 2024 au 31 Août 2025.
RESULTATS :
Une prévalence du diabète gestationnel a 2,68% a été retrouvé. Concernant les facteurs de risque de diabète gestationnel on notait que 23,53% des patientes avaient un âge supérieur ou égal à 35 ans ; 74,51% étaient en surpoids ; 44,1% avaient un antécédent familial de diabète ; 9,3% avaient un antécédent de diabète gestationnel. Près de 20,53 % avaient un antécédent d’accouchement d’un nouveau-né macrosome ; 22,1% avaient un antécédent de mort foetale in utero inexpliquée ; et 12,25% avaient des signes d’appel au cours de la grossesse. Les patientes présentant un surpoids, un antécédent personnel de diabète gestationnel, les signes d’appel au cours de la grossesse, antécédent de macrosomie et de mort foetale inexpliquée avaient plus de chance de faire un diabète gestationnel (PV<0,001). La méthode de dépistage la plus utilisée dans notre étude était la glycémie a jeun soit 67,65% des patientes. Dans notre étude, 67,65% ont été mises sous régime seul, 32,35 % des patientes ont bénéficié d’une insulinothérapie. Aucune de nos patientes n’a été mises sous ADO. Les complications maternelles ont été dominées par l’infection urinaire 58,24% des cas, l’hémorragie du post-partum 13,19%, la prééclampsie 10,99% des cas, suppuration pariétal 9,89%, hypoglycémie maternelle 5,49% et l’endométrite dans 2,2% des cas. Durant nos enquêtes les complications néonatales ont été dominées par l’hypoglycémie néonatale dans 64% des cas et la macrosomie représentait 57,97% des complications foetale.
CONCLUSION :
Le diabète gestationnel est un problème de santé publique, dans un contexte marqué par l’augmentation des facteurs de risque métaboliques et les limites du système de santé en matière de dépistage. Le dépistage précoce et la prise en charge précoce sont nécessaires pour un meilleur pronostic. L’amélioration de la prise en charge du diabète gestationnel passe par une amélioration des connaissances sur le dépistage de nos agents de santé.

