Douleur post-opératoire dans le service de chirurgie générale de l’hôpital Fousseyni DAOU de Kayes.
Résumé
Introduction :
La douleur postopératoire demeure un problème majeur de santé publique, en particulier dans
les pays à ressources limitées, où les contraintes organisationnelles, humaines et thérapeutiques
peuvent compromettre sa prise en charge optimale. La satisfaction des patients constitue un
indicateur essentiel de la qualité des soins postopératoires.
Objectif :
Évaluer le niveau de satisfaction des patients concernant la prise en charge de la douleur
postopératoire et identifier les facteurs associés à l’Hôpital Fousseyni Daou de Kayes.
Méthodes :
Il s’agissait d’une étude prospective, descriptive et transversale menée d’octobre 2024 à mars
2025 dans les services de chirurgie de l’Hôpital Fousseyni Daou de Kayes. L’échantillonnage
était exhaustif et incluait 154 patients âgés de 16 ans et plus, opérés en urgence ou de façon
programmée. Les données recueillies portaient sur les caractéristiques sociodémographiques, le
type de chirurgie, le type d’anesthésie, l’intensité de la douleur postopératoire évaluée par
l’échelle visuelle analogique (EVA), les protocoles analgésiques, la fréquence d’administration
des antalgiques et la satisfaction mesurée à l’aide d’une échelle de Likert. L’analyse statistique
a été réalisée avec le logiciel SPSS version 25.
Résultats :
La tranche d’âge de 16 à 25 ans était la plus représentée (41,6 %), avec une prédominance
féminine (64,3 %). La rachianesthésie était la technique anesthésique la plus utilisée (77,3 %).
Une douleur modérée à intense était rapportée par 75,3 % des patients au réveil, 67,6 % à 24
heures et persistait chez 14,2 % des patients à 48 heures postopératoires. Globalement, 77,3 %
des patients étaient satisfaits de la prise en charge de la douleur postopératoire. La satisfaction
était significativement plus élevée chez les patients informés en période préopératoire. Elle
variait également selon le type d’anesthésie, le protocole analgésique utilisé et la fréquence
d’administration des antalgiques, avec de meilleurs résultats pour une administration régulière,
notamment toutes les six heures. Les complications postopératoires observées étaient dominées
par les nausées (18,8 %) et les vomissements (15,6 %).
Conclusion :
La prise en charge de la douleur postopératoire à l’Hôpital Fousseyni Daou de Kayes est
associée à un niveau globalement satisfaisant de satisfaction des patients, malgré une intensité
douloureuse encore élevée en postopératoire précoce. L’amélioration de l’information
préopératoire, la standardisation des protocoles analgésiques multimodaux et une
administration régulière des antalgiques constituent des axes prioritaires pour optimiser la
qualité des soins postopératoires.

