L’hyperferritinémie : Aspects épidémiologique et étiologique chez les hémodialysés chroniques dans le service de néphrologie et d’hémodialyse du CHU point G.
Résumé
Introduction : L’hyperferritinémie est fréquemment observée chez les patients hémodialysés chroniques et peut traduire une surcharge martiale, un état inflammatoire chronique ou une combinaison des deux. Les données issues de l’Afrique subsaharienne restent limitées. Cette étude avait pour objectif de décrire les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et biologiques des patients hémodialysés chroniques présentant une hyperferritinémie au CHU du Point G à Bamako, Mali.
Méthodes : Nous avons mené une étude rétrospective et descriptive incluant l’ensemble des patients en hémodialyse chronique entre le 1er janvier et le 31 décembre 2024. Parmi les 363 patients hémodialysés, 65 présentaient une hyperferritinémie. Les données démographiques, cliniques, biologiques et thérapeutiques ont été recueillies à partir des dossiers médicaux.
Résultats : La population étudiée était majoritairement masculine, avec un sex-ratio H/F de 1,24 et un âge moyen de 50,38 ans. La tranche d’âge 51–65 ans était la plus représentée (38,5 %). L’ethnie Bambara était prédominante (32,3 %). La fistule artérioveineuse constituait la principale voie d’abord vasculaire chez 83,1 % des patients. La durée moyenne de l’hémodialyse était de 6,83 ± 4,02 ans, et 40 % des patients étaient dialysés depuis plus de six ans. Les principales étiologies de l’insuffisance rénale terminale étaient la néphropathie vasculaire chronique (44,6 %) et la glomérulonéphrite chronique (36,9 %). Les manifestations cliniques les plus fréquentes étaient le teint bronzé ou gris (92,3 %), l’asthénie (69,2 %) et la dyspnée d’effort (56,9 %). Sur le plan biologique, 44,6 % des patients avaient une ferritinémie >1000 ng/mL, avec un fer sérique normal chez 86,2 % et un coefficient de saturation de la transferrine normal chez 75,4 %. La CRP était positive chez 63,1 % des patients, témoignant d’un état inflammatoire chronique. La prise en charge de l’anémie reposait principalement sur le fer intraveineux (83,1 %), les transfusions sanguines (75,4 %) et les agents stimulant l’érythropoïèse (67,7 %).
Conclusion : L’hyperferritinémie est fréquente chez les patients hémodialysés chroniques au CHU Point G et semble étroitement liée à l’utilisation importante du fer intraveineux, aux transfusions répétées et à l’inflammation chronique.

