Aspects diagnostiques et thérapeutiques de la médiastinite descendante nécrosante dans le service de service de chirurgie thoracique de l’hôpital du Mali
Résumé
Introduction : La médiastinite nécrosante descendante (MND) est une pathologie due à l’extension d’une infection cervico-faciale ou oropharyngée sévère au niveau du médiastin. Elle constitue une urgence de prise en charge diagnostique et thérapeutique. C’est une infection polymicrobienne, synergétique où prédominent les bacilles à Gram négatif et germes anaérobies. Il s’agit d’une urgence absolue dont la prise en charge doit se faire en milieu chirurgical même si le traitement est multimodal. Les facteurs de risque liés à cette maladie sont : L’éthylisme chronique, le VIH, le diabète, les pathologies néoplasiques, le tabac, la grossesse, la drépanocytose, la prise d’anti inflammatoires non stéroïdiens ou de corticoïdes. But : Faire un état de lieu sur la prise en charge de MND dans le principal centre des activités de chirurgie thoracique du pays.
Méthodologie : Il s’agissait d’une étude descriptive a recueil prospectif de données qui s’est déroulé du 1er Janvier 2020 au 31 Décembre 2024.
Résultats : Nous avons enregistré 24 cas de MND. La fréquence était de 0,73% (24 /3303). La moyenne d’âge était de 28,9 ans et le sexe ratio était de 2. Le principal facteur de risque était la prise d’AINS avec 66,67% des cas et la carie dentaire, l’antécédent médical le plus retrouvé. Le délai de consultation moyen entre le début des symptômes et la consultation variait de 18,30 jours. L’oedème cervical était le signe clinique le plus représenté avec 70,8%. La TDM cervico-thoracique, qui est le bilan essentiel, a été réalisé chez dix-huit patients a permis d’objectiver ’’l’infiltration des tissus mous cervicaux’’ dans 62,5 % des cas et la plupart des examens biologiques a visée étiologique étaient revenus stériles. Tous les patients avaient bénéficié d’une antibiothérapie probabiliste à large spectre associant : C3G + Imidazoles+ aminosides avant les données disponibles de l’antibiogramme. Et la chirurgie a été pratiquée dans 95,83% avec comme drainage thoracique l’acte chirurgical le plus pratiqué (37,5%). La mortalité hospitalière était de 12,5%. Conclusion : La médiastinite nécrosante descendante bien que rare, reste une maladie infectieuse grave avec une morbi-mortalité élevée. Notre contexte socio-économique défavorable, favorise le retard de consultation médicale et donc grève le pronostic. La prise des AINS en automédication est un problème majeur de santé publique. La prévention repose sur la sensibilisation de la population sur l’importance de l’hygiène bucco-dentaire, sur la prise en charge correcte et précoce des caries dentaires.

