| dc.description.abstract | La rachianesthésie est responsable d’un blocage sympathique pré
ganglionnaire, dont l’importance est fonction de son intensité et surtout de
son étendue. Elle entraîne une diminution des résistances périphériques, du
retour veineux au coeur droit, du volume d’éjection systolique, du débit
cardiaque, et de la pression artérielle.
Le but principal de notre étude était d’évaluer de manière comparative
l’efficacité de deux (02) doses prophylactiques de noradrénaline (2μg et
4μg/min) par rapport à un placebo dans la prévention de l’hypotension
artérielle au cours de la césarienne sous rachianesthésie.
Il s’agissait d’un essai prospectif, randomisé, contrôlé, en double aveugle,
sur une période de 23 mois, du 1 janvier 2024 au 30 novembre 2025.
La taille de notre échantillon était de 86 patientes réparties en trois (03)
groupes : groupe 0μg: 28 (33%), groupe 2μg: 30 (35%), groupe 4μg: 28
(33%) et représentait 30,71% des césariennes. Les âges moyens dans les
groupes étaient respectivement de 31,57 ans, 30,10 ans et 31,07 ans. Les
paucipares étaient les plus représentées dans les trois groupes soit un taux
respectif de 11 (39,3%), 12 (40,0%) et 14 (50,0%). Les indications de la
césarienne pour utérus cicatriciel, bicicatriciel et la macrosomie foetale
étaient les plus représentées soient respectivement 26,7%, 16,3% et 9,3%.
Le taux d’hypotension artérielle systolique était plus élevé dans les
groupes 0μg et 2μg soient 43,60 % et 38,46 % des hypotensions.
Seulement 17,95 % était observé dans le groupe 4μg. L’hypotension
artérielle diastolique était plus marqué chez les patientes ayant reçu la
dose de 0μg de noradrénaline suivie du groupe 2μg soient 35,74 % et
34,10 % des hypoTA diastolique. Ce taux était de 30,16 % dans le groupe
4μg. Dans les groupes 0μg et 2μg soient 43,37 % et 33,73 % avaient
présenté une hypotension artérielle moyenne. Ce taux était de 22,90 %
dans le groupe 4μg. Le taux de survenue de bradycardie était plus marqué
dans les groupes 4μg et 0μg soient 42,90 % chacun, faible dans le groupe
2μg (11,30%).
Les moyennes d’épisode d’hypotension artérielle systolique dans les
différents groupes (0μg, 2μg et 4μg) étaient de 2,39 ± 2,63 ; 2,03 ± 2,16 et
0,96 ± 1,26. La quantité moyenne de bolus de noradrénaline dans les dits
groupe était respectivement 48,29 ± 61,83 ; 41,87 ± 56,63 et 16,29 ± 28,09.
Le taux de réduction de l’hypotension était de 9% dans le groupe 2μg et
de 60% dans le groupe 4μg par rapport au placebo.
Les nausées et vomissement associé étaient les évènements indésirables
survenus les plus représentés soit 9,3%. La perte sanguine moyenne était
de 199,88 ± 102,159 ml. Seulement 10,46 % des nouveau-nés avait un
score d’Apgar ≤7 dans tous les groupes confondus.
L’hypotension artérielle induite par la rachianesthésie au cours de la
césarienne demeure une complication fréquente, prévisible et
potentiellement délétère, tant pour la mère que pour le nouveau-né. Sa
prévention constitue ainsi un enjeu majeur de sécurité anesthésique en
obstétrique, en particulier dans les contextes à forte activité chirurgicale et
à ressources limitées.
L’administration prophylactique continue de noradrénaline s’est révélée
efficace pour réduire significativement l’incidence de l’hypotension
artérielle au cours de la césarienne sous rachianesthésie. La dose de 4
μg/min a montré une supériorité nette par rapport au placebo et à la dose
de 2 μg/min, avec une réduction de 60 % des épisodes d’hypotension
systolique, une meilleure stabilité des paramètres hémodynamiques et
une diminution substantielle du recours aux bolus de noradrénaline,
traduisant un meilleur contrôle tensionnel peropératoire. | fr_FR |