| dc.description | Le cancer du col de l’utérus demeure un important problème de santé publique, en
particulier dans les pays à ressources limitées, où il constitue la principale cause de décès par
cancer chez la femme. L’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) représente
un facteur aggravant, favorisant la persistance du papillomavirus humain (HPV) et accélérant la
progression vers des formes invasives. L’objectif principal de cette étude est d’analyser
l’influence du statut VIH sur les caractéristiques cliniques, thérapeutiques et évolutives des
patientes atteintes de cancer du col de l’utérus prises en charge au CHU Point G.
Méthodologie : Il s’agit d’une étude analytique rétrospective menée dans le service d’hématooncologie
du CHU Point G de Bamako, sur une période de trois ans, de janvier 2022 à décembre
2024. L’étude inclut toutes les patientes ayant un diagnostic histologique confirmé de cancer du
col de l’utérus et un statut VIH connu. Les données ont été collectées à partir des dossiers
médicaux complets, saisies sous Excel et analysées avec le logiciel SPSS version 22. Les
associations entre le statut VIH et les variables cliniques, thérapeutiques et évolutives ont été
évaluées par régression logistique binaire. Le seuil de significativité est fixé à p < 0,05.
Résultats : Sur 3 175 patientes hospitalisées, 382 présentaient un cancer du col de l’utérus, soit
une prévalence de 12,26 %. Parmi elles, 7,3 % étaient séropositives pour le VIH, majoritairement
de type 1, et 82,1 % avaient un taux de CD4 ≤ 200 cellules/mm³. L’âge moyen des patientes était
de 52,8 ± 13,5 ans, avec une prédominance de grandes multipares et de femmes sans emploi. Les
stades avancés (FIGO IVa : 36,1 %) dominaient au diagnostic. Le carcinome épidermoïde
représentait 93,2 % des cas. La chimiothérapie était le traitement le plus administré (84,6 %),
principalement à base de Paclitaxel + Carboplatine. La radiothérapie et la chirurgie restaient peu
accessibles (1,3 % et 8,9 %).
Sur le plan évolutif, 32,1 % des patientes présentaient une régression tumorale et 22 % étaient
décédées. Les patientes VIH + avaient une proportion plus élevée de régression (11,7 % contre
5,5 %) sans différence significative (p > 0,05). Aucune association statistiquement significative
n’a été observée entre le statut VIH et la mortalité, le stade FIGO ou la réponse au traitement.
Conclusion : Le statut VIH n’apparaît pas comme un facteur pronostique indépendant du cancer
du col de l’utérus, mais il influence la tolérance et la continuité du traitement. Une prise en charge
intégrée associant oncologie et suivi VIH pourrait améliorer la survie et réduire les pertes de vue
dans ce contexte à ressources limitées. | fr_FR |